PROJET MOBIDIQ

Un enjeu de sécurité essentiel

La pêche professionnelle est le secteur le plus accidentogène. Avant même le BTP.

Entre 2010 et 2019, sur 109 marins professionnels décédés en mer, 81 étaient des marins-pêcheurs. Et sur ces 81 décès, 27 sont consécutifs à une chute à la mer.

L’évolution de la réglementation

Les chutes à la mer étant la première cause de mortalité chez les marins, les pouvoirs publics ont fait évoluer la réglementation. Depuis le 1er avril 2020, les pêcheurs professionnels naviguant seuls à bord de leur navire doivent obligatoirement être équipés d’une balise individuelle de type MOB AIS-ASN (Man Over Board) afin de signaler leur détresse en cas de chute à la mer (fonction ASN) et de faciliter leur repérage par les secours (fonction AIS).  

Le projet collectif MOBIDIQ

Au regard des évènements passés et soucieux de la sécurité des pêcheurs professionnels, le Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan a initié le projet collectif MOBIDIQ dès 2018, en collaboration avec les autres Comités des Pêches bretons.

L’objectif est d’améliorer la sécurité à bord des navires et ainsi de participer à la réduction des risques en cas de chute à la mer.

Pour cela, le projet MOBIDIQ accompagne les professionnels (les marins-pêcheurs naviguant seuls mais aussi ceux en équipage) dans l’acquisition d’un dispositif de géolocalisation (une balise individuelle) intégré dans un VFI, visant à :

  • Améliorer la sécurité à bord des navires ;
  • Participer à la diminution du nombre de noyades ;
  • Faciliter les secours (améliorer la géolocalisation des marins et réduire les temps de recherche).

Le matériel et la formation

  • Balise MOB AIS-ASN (environ 600€), conçu par la firme allemande Weatherdock – VFI adapté et agréé permettant l’intégration de la balise (environ 130€)
  • Bouée de récupération / SILZIG (optionnelle) : environ 120 €
  • Formation obligatoire : 150€

Cette formation a un double objectif :

  • Rappel et prévention des risques de chute à la mer ;
  • Formation à l’utilisation du matériel.

La formation a été développée en collaboration avec l’Institut Maritime de Prévention (IMP). Formation en e-learning avec 5 modules pour une durée totale d’1h45 (les pêcheurs doivent avoir terminé la formation pour pouvoir récupérer leur matériel).

Comment ça fonctionne

  • Chute à la mer
  • Le VFI se gonfle automatiquement
  • La balise se déclenche par arrachage de la goupille dès que le VFI se gonfle
  • Le pêcheur a 10 min pour stopper l’alarme à bord afin de prévenir toute alarme intempestive (suite à un accrochage accidentel par exemple)
  • Au bout de 10 min (si alarme non stoppée), relai de l’alarme au CROSS et aux autres navires alentours
  • Déclenchement des secours

Le financement du projet MOBIDIQ

Deux types de financements ont été mobilisés pour financer l’ensemble du matériel (balise, VFI, bouée) et la formation :

  • une subvention de la Région Bretagne (prise en charge à 50% du montant total investi par chaque navire) ;
  • une mobilisation de la Plateforme de Soutien aux Initiatives des Entreprises de Pêche françaises de France Filière Pêche avec une prise en charge des 50% restants (uniquement pour les armements inscrits à FFP et éligibles au dispositif).

➔ Si Région + FFP : prise en charge à 100% du projet (sinon, 50% d’autofinancement par le pêcheur).

Par ailleurs, FEFGBI a financé 2 postes en CDD pendant l’été 2018 qui sont allés à la rencontre des pêcheurs leur expliquer le projet ; ainsi qu’une partie du temps de travail de la chargée de mission affectée au projet.

Au total, l’acquisition du matériel a coûté environ 280 000€.

Rôle et engagement de chacun des acteurs

En tant que porteur du projet MOBIDIQ, le Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan est l’intermédiaire entre les armateurs et les financeurs (Région Bretagne et FFP) :

  • Le CDPMEM 56 a recensé les demandes de financements des professionnels ;
  • Il a monté les dossiers de financements ;
  • Il perçoit les financements (acomptes et soldes), puis les reverse ensuite aux armateurs.

Le CDPMEM 56 a aussi été l’intermédiaire entre les armateurs et les équipementiers : c’est lui qui a passé les commandes de matériel et a effectué les livraisons aux pêcheurs.

Les armateurs adhérents au projet se sont engagés sur 2 points :

  • suivre une formation obligatoire d’« homme à la mer » et à l’utilisation du matériel : cette formation a été mise en place en collaboration avec l’IMP ;
  • assurer la maintenance annuelle du matériel pendant les cinq années suivant l’acquisition du matériel.

En conclusion

MOBIDIQ :

  • Un projet qui améliore la sécurité des pêcheurs professionnels
  • Un projet breton
  • 241 navires bretons équipés
    • Tout type de métier (chalutier, dragueur, ligneur, fileyeur, caseyeur, coquillages,…)
    • Navires allant de 3,60 mètres à 90 mètres
    • Navires « homme seul » mais aussi en équipage (jusqu’à 20 marins)
  • 375 marins bretons équipés, dont 202 hommes seuls à bord

Plus d’informations :

Le projet MOBIDIQ désormais opérationnel

Une balise de détresse dans le gilet de sauvetage des pêcheurs bretons

Bretagne. Des pêcheurs mieux armés en cas de chute à la mer